March 1, 2017

Laurent Drissen

Drissen_LaurentLes projets de recherche de Laurent Drissen, professeur à l’université Laval, se classent en deux grandes études : d’une part l’évolution des étoiles massives et à l’influence qu’elles exercent sur leur environnement; d’autre part, l’élaboration et  la construction d’instruments de recherche de pointe pour l’Observatoire du mont Mégantic.

Étoiles massives

1 – Des spectres obtenus au télescope Canada-France-Hawaii ont permis de confirmer la présence d’un grand nombre d’étoiles Wolf-Rayet dans trois régions HII géantes de la galaxie spirale M33: NGC 604, NGC 595 et NGC 592. L’analyse d’image des ces régions, obtenues avec le télescope spatial Hubble, en collaboration avec le chercheur post-doctoral Leonardo Ubeda, révèle la structure et l’historique de formation stellaire au cours des derniers 5 millions d’années.

2 – Les régions HII géantes sont des zones de gaz ionisé par la radiation ultraviolette de centaines d’étoiles massives. Avec le spectrographe intégral de champ des télescopes Gemini (Nord et Sud), j’ai obtenu des spectres à résolution moyenne de NGC 2363 (située à 10 millions d’années-lumière) et NGC 5253 (située à 15 millions d’années-lumière) dans le but de détecter des anomalies d’abondance chimique (azote ou oxygène) causées par l’éjection de matériel enrichi par les réactions nucléaires au coeur d’étoiles massives. Nous avons aussi cartographié distribution de la composante large (1000 km/s) du gaz dans NGC 2363. L’origine de cette composante de gaz à haute vitesse n’est pas encore connue.

3 – En collaboration avec Gregg Wade (Royal Military College, Kingston), l’étudiante Véronique Petit (doctorat) a obtenu des données spectropolarimétriques d’un échantillon d’étoiles massives situées au coeur de la nébuleuse d’Orion. Des champs magnétiques ont été détectés dans deux d’entre elles.

4 – Je participe à l’équipe canadienne responsable de l’instrument UVIT, un groupe de deux télescopes spatiaux sensibles à l’ultraviolet qui seront mis en orbites sur la plate-forme ASTROSAT en 2009. Ce projet est une collaboration entre les agences spatiales indienne et canadienne.

Instrumentation astronomique

5 – SpIOMM est un spectromètre imageur à transformée de Fourier, conçu principalement par mon ancien étudiant au doctorat Frédéric Grandmont, et sur lequel travaillent aussi Anne-Pier Bernier (3e cycle) et Maxime Charlebois (2e cycle). Il s’agit d’une collaboration entre l’Université Laval, l’Institut National d’Optique, la compagnie ABB-Bomem et l’Agence Spatiale Canadienne. SpIOMM permet d’obtenir le spectre, entre 350 et 850 nanomètres, de toutes les sources de lumière présentes dans le champ circulaire de 12 minutes d’arc, et ce avec une résolution spectrale typique de 100 à 2000 mais pouvant aller théoriquement jusqu’à 25000. La dernière mission d’observation à l’OMM en février 2007 a permis de démontrer que l’instrument fonctionne aussi bien en laboratoire que dans les conditions difficiles d’observation au télescope. L’objectif de cet instrument est d’obtenir une cartographie détaillée des raies d’émission dans des objets étendus tels que des nébuleuses galactiques, des galaxies riches en gaz ou encore des amas de galaxies.

6 – Panoramix-II est le nouveau réducteur focal de l’OMM, conçu en collaboration avec l’Institut National d’Optique. Couplé à une mosaïque de détecteurs CCDs en construction à l’Université de Montréal, Panoramix-II permettra d’obtenir des images à grand champ (55 minutes d’arc en diagonale) dans le visible, avec une résolution de 0,5 seconde d’arc par pixel. Il est muni d’une roue à filtres (5 filtres circulaires de 75 mm) et de filtres SDSS u’g’r’i’. Une mission a eu lieu au printemps 2006 à l’OMM, qui a permis de vérifier l’excellente transmission optique dans le bleu. La roue à filtres pourra être remplacée par un étalon Fabry-Perot et le CCD par FANTOMM, afin d’obtenir des cubes spectraux en mode F-P.

Comments are closed.